Syndrome de l’imposteur : comment hacker le système ?

Mar 3, 2026 | Marketing | 0 commentaires

À la suite de deux évènements apparemment décorrélés, j’ai nourri une réflexion à propos du syndrome de l’imposteur et de la possibilité de le « hacker », ou de le contourner sans y faire directement face.

Je vous partage ma réflexion, et vos techniques personnelles seront les bienvenues en commentaire !

Une anecdote tout à fait anodine

À l’occasion d’un petit « apéro visio », ma mère m’a raconté sa journée et une petite anecdote qui a été le point de départ de tout ce qui va suivre.

Pour vous remettre un peu dans le contexte, elle est institutrice en maternelle depuis plus de quarante ans et termine doucement sa carrière en faisant des remplacements. On lui a demandé d’épauler un jeune instituteur qui débute dans le métier.

À la fin de la journée, elle lui dit simplement : « Demain, c’est toi qui prépare la classe. Ça va, pas trop stressé ? »
Il lui répond :  » Oh, moi ça va, je ne suis pas une femme, je n’ai pas le syndrome de l’imposteur. »

La féministe en moi a un peu tiqué. La phrase est maladroite et relève d’un sexisme ordinaire assez banal. Sur le coup je me suis un peu énervée, mais la réalité est là : beaucoup de femmes doutent plus facilement de leur légitimité.

Attention, toutes les femmes n’ont pas ce syndrome, et beaucoup d’hommes y sont sujets, mais la tendance des femmes à être plus victimes de ce manque de confiance vient en bonne partie d’une construction culturelle bien ancrée.

On a longtemps appris aux petites filles à être sages, appliquées, discrètes, à ne pas trop se mettre en avant. Pendant que, dans le même temps, on valorisait chez les garçons l’assurance, l’audace, la prise de risque, parfois même la débrouillardise borderline. Évidemment, chaque famille est différente, mais culturellement, ces messages existent encore.

Et ces messages laissent des traces.

Quand la réussite ne suffit pas

Ce qui m’a d’autant plus plongée dans la réflexion qui suit, c’est que ce même jour, quelques heures avant notre appel, j’ai appris la vente d’une de mes pièces à GVRNY, le concept store de MacArthurGlen Paris-Giverny.

Une pièce artistique, avec certificat d’authenticité, avec un prix de vente à quasiment 4 chiffres, que j’avais mis des mois à produire. Pendant longtemps je l’ai gardée à l’atelier, n’imaginant pas une seule seconde pouvoir la vendre. 

Mais je suis sortie de ma zone de confort, je suis allée proposer cette pièce le cœur battant à GVRNY. Et quand on m’a annoncé par un petit mail de la vente de la pièce, pendant une très courte seconde, je me suis sentie artiste. Pas « céramiste », mais artiste. Et presque immédiatement, une autre pensée est arrivée : ce n’est qu’une pièce. Rien ne dit que ça se reproduira. Ne t’emballe pas.

Ce qui est frappant, ce n’est pas le doute en lui-même. C’est la vitesse à laquelle il vient effacer la fierté.

Pourquoi avons-nous autant de mal à laisser une réussite exister pleinement ? Pourquoi, dès qu’une preuve tangible apparaît, cherchons-nous immédiatement à la relativiser ?

Parmi mes élèves, je vois ce mécanisme en permanence. Vous vendez vos premières pièces et vous parlez de chance. Vous recevez des compliments et vous expliquez que « ce n’est pas encore abouti ». Vous décrochez un marché et vous pensez que vous n’êtes pas vraiment à votre place. Pire encore, avant même de mettre en vente une pièce, vous vous dites qu’elle n’est pas assez parfaite pour être montrée au monde.

Le réflexe de se rassurer… qui ne change rien

Face à ce sentiment, la solution la plus intuitive consiste à essayer de se rassurer. Se répéter qu’on a travaillé dur. Tenter d’accepter les compliments. Se forcer à penser positivement.

C’est d’ailleurs ce que je préconise dans le tout premier article rédigé au sujet du syndrome de l’imposteur ici

Mais honnêtement, depuis plusieurs années que je pratique ces astuces, je peux vous dire que ça ne suffit pas. Parce que le syndrome de l’imposteur adore les débats intérieurs.
Il se nourrit du « oui, mais » : Oui, mais si c’était un coup de chance. Oui, mais si je n’arrive pas à faire pareil la prochaine fois. Oui, mais si je me suis surestimé·e.

Plus vous essayez de le convaincre par la logique, plus il trouve d’arguments.

Alors j’ai commencé à envisager une autre approche.

Ne pas calmer le doute. Le faire taire par l’audace.

Je peux vous dire d’avance que ça fonctionne, vu que c’est avec cette technique que j’ai vendu cette fameuse pièce (ainsi que plusieurs autres pièces artistiques dans ce même lieu.)

Quelle est la différence entre le jeune instituteur et moi, vous ? 

  • Se pose-t-il la question de « suis-je légitime » ?
  • Se persuade-t-il le matin en se disant « j’ai raison », « je peux le faire », « ça va marcher » ? 

Bien sûr que non !

Alors la prochaine fois, au lieu de laisser l’opportunité au doute de s’installer et à votre cerveau de placer son fameux « oui mais », demandez-vous plutôt : 

Qu’est-ce que je peux faire d’encore plus audacieux aujourd’hui ?

  • Quelle pièce vraiment audacieuse pourrais-je créer aujourd’hui ?
  • Si cette pièce s’est vendue, quelle pièce encore plus ambitieuse puis-je concevoir ?
  • Si cette boutique a accepté mon travail, quelle autre structure plus exigeante puis-je contacter ?
  • Si ce marché a fonctionné, à quel autre évènement plus important pourrais-je candidateur ?

Le doute adore l’immobilité. Il se renforce quand on attend d’être « prête ».
Et à l’inverse, et c’est là tout l’intérêt de cette technique, il s’affaiblit quand on agit malgré lui.

Cessez de tout tourner autour de votre légitimité et concentrez-vous sur le mouvement.

Sortir du “oui, mais”

Ce qui freine le plus, ce n’est pas l’échec potentiel. C’est l’anticipation permanente de tout ce qui pourrait mal tourner. Nous mettons beaucoup trop d’énergie à imaginer les obstacles, à prévoir les critiques, à redouter le regard des autres.

Et si, au lieu de chercher à neutraliser chaque peur, vous décidiez simplement d’avancer avant que le « oui, mais » n’ait le temps de s’installer ?

Il arrivera peut-être un moment où vous vous heurterez à un mur. Un refus, un marché qui ne fonctionne pas, une pièce qui ne se vend pas. Mais ce mur sera réel, concret. Il ne sera plus une projection. Et à partir de là, vous pourrez ajuster vos actions, comprendre et évoluer.

La légitimité ne précède pas l’action

C’est une réalité que je vois tous les jours : on attend de se sentir légitime pour oser plus grand.
En réalité, c’est l’inverse qui se produit.

La légitimité se construit après coup, à force d’actions posées, de tentatives, de prises de risque. Elle n’est pas un point de départ, mais une conséquence.

Se sentir légitime peut prendre des mois, des années, mais si vous attendez de ne plus douter pour créer une collection ambitieuse, candidater à une galerie ou augmenter vos prix, vous risquez d’attendre pour toute votre vie.

En revanche, si vous décidez que chaque petite réussite devient un tremplin vers quelque chose de plus exigeant, vous changez progressivement votre positionnement et votre regard sur vous-même.

 

La question n’est donc peut-être pas : « Est-ce que je mérite d’être là ? »
Mais plutôt : « Quelle est la prochaine action audacieuse qui sert vraiment mon projet ? »

C’est dans cette direction que quelque chose se transforme.

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