Mon atelier se trouve dans mon sous-sol. Après plusieurs milliers d’euros de dépenses pour monter cet atelier, je n’avais plus un sous pour faire poser et raccorder un évier. J’ai donc fonctionné pendant 2 ans avec des seaux.
Un atelier sans évier, oui c’est possible, mais à quel prix ?

Pourquoi faire le choix du sans évier ?

Il est tout à fait possible de faire le choix d’avoir un atelier de poterie sans évier. Voici certains arguments en sa faveur :

  • Gain de place
  • Meilleure gestion de l’eau
  • Economie de budget

Une idée préconçue à oublier : « la terre, c’est sale »

On a tous en tête le fait que la terre, dans le jardin, dans la rue, est sale. Quand on met les mains dans la terre de potier, on finit vite par oublier le côté « sale » de la terre (et on contraire la sensation est tellement cool !), mais pour autant on ressent le besoin de rincer à grande eau nos outils et notre tour pour tout nettoyer.

Pourtant, il est tout à fait possible de parfaitement nettoyer un tour ou toute autre surface avec de l’eau « sale », pleine de terre, et un chiffon microfibre bien essoré (qui fonctionne mieux que l’éponge).

Pour les éléments qui se déplacent (outils, bac de tour…) plongez-les dans le seau d’eau, frottez-les pour enlever un maximum de terre. Ensuite sortez-les du seau, essorez votre chiffon et passer-le sur la surface à nettoyer. Vous pouvez essorer régulièrement le chiffon pour qu’il ne reste pas chargé de terre.

Avec cette technique, il ne reste qu’un léger film de poussière après séchage, pas assez pour abîmer vos outils ou contaminer votre prochaine session de tournage.
Si vous préférez, passez un coup de chiffon propre et le tour est joué.

tour shimpo RK3E

Comment travailler sans évier dans l’atelier ?

C’est très simple : avec des seaux ! L’idée est d’avoir 3 seaux :

  • Le seau de terre : vous récupérez les morceaux de terre trop secs, la barbotine épaisse après tournage, les tournassures, etc.
  • Le seau de rinçage « sale » : vous y passez vos outils, vous y nettoyez votre bac de tournage
  • Le seau de rinçage « propre » : pour finir le nettoyage

J’ai aussi toujours un seau de transition sous la main.

Avec ces 3 seaux, vous allez pouvoir faire un roulement. La terre se décante et tombe au fond des seaux, vous pouvez alors procéder chaque jour ainsi :

  1. Vider l’eau claire des 3 seaux dans le seau de transition
  2. A la main, attrapez au fond du seau sale les morceaux de terre ou la barbotine qui s’y serait déposée pour la mettre dans le seau de terre
  3. Videz l’eau restante du seau propre dans le seau sale
  4. Mettez l’eau claire du seau de transition dans le seau propre

Au fil des jours vous accumulez de la terre dans votre seau de terre. Le niveau d’eau dans les différents seaux ne change pas trop, mais en revanche vous accumulez de la saleté dans l’eau : des peaux mortes, poussières, etc.

Chaque semaine ou quand le besoin se fait sentir, vous pouvez alors recycler toute la terre que vous avez accumulée, jeter l’eau des seaux dehors ou dans les toilettes, ou dans un évier avec de l’eau bien chaude s’il y a très peu de reste de terre (eau claire, pas de morceau surtout !).

Durant tout mon CAP et ensuite pendant 6 mois j’ai fonctionné avec ce système. Cependant, il a fallu que je me rende à l’évidence : ce procédé d’atelier de poterie sans évier a des limites.

Pourquoi j’ai changé de méthode et j’ai installé un évier

Quand j’étais en CAP, ma pratique consistait essentiellement à tourner puis recycler, tourner puis recycler, etc. avec une seule et même terre.

Une fois mon four acheté, j’ai introduit les émaux dans l’atelier, et mon système est tout de suite devenu plus compliqué. J’ai également plusieurs types de grès depuis quelques mois, et ça a été la goutte d’eau.

Je fonctionnais avec :

  • 1 seau de terre pour chaque terre, soit 4 seaux
  • 1 seau d’eau sale
  • 1 seau d’eau propre
  • 1 seau de transition
  • 1 seau d’eau sale pour l’émail
  • 1 seau d’eau propre pour l’émail
  • 9 seaux dans l’atelier, ça devenait compliqué.

L’autre souci, c’est que l’émail se nettoie très mal contrairement à la terre. Un coup de chiffon essoré, ça ne suffit pas. Et hors de question d’avoir des outils à moitié couvert de poussière d’émail dans l’atelier…

L’alternative : l’évier sans eau courante

Je me suis donc mise à chercher une alternative peu coûteuse, pratique, et respectant l’environnement autant que possible.

Je me suis donc construit un évier avec Sink trap non connecté à l’eau courante.

Le Sink trap

Le sink trap est indispensable pour respecter l’environnement et éviter de boucher vos canalisations. Je ferai un article spécifique dessus, mais l’idée est d’avoir des vases communicants afin de piéger la terre et l’émail dans des bacs de décantation avant son évacuation.

Au lieu d’être connecté à une évacuation, mon sink trap évacue l’eau dans un seau, que je vide régulièrement dehors ou dans les toilettes !

L’évier

L’évier en lui-même est finalement ce qui me manquait le plus : la surface pour faire sécher ce qui a été lavé et le bac qu’on peut vider ou remplir !

On m’a donné un évier en inox, j’ai fabriqué le meuble en désossant une palette, et voilà !

Il me suffit donc de prendre avec moi en début de journée un grand seau d’eau, et j’utilise l’eau au fur et à mesure pour nettoyer mon matériel. Je vide le seau d’en dessous à la fin du nettoyage.

Pour conclure !

Je l’avoue, l’évier m’a donné un confort supplémentaire, mais je suis absolument persuadée que pour une pratique de la poterie en loisir, il est tout à fait possible de se débrouiller

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