Reprendre un travail salarié quand on a ouvert son entreprise

Sep 10, 2025 | Marketing | 0 commentaires

À la rentrée, une de mes élèves a repris un travail salarié en parallèle de la céramique. Loin d’être un échec, ce choix est une stratégie lucide : sécuriser son avenir pour avancer sereinement vers son projet de cœur.
Pourtant, j’ai mis du temps à comprendre ça, je vous explique pourquoi.

La rentrée, c’est souvent un moment où l’on se projette, où on prend des décisions importantes pour la suite. On se demande comment tenir le cap, comment faire en sorte que notre projet continue d’exister malgré les obstacles.

En août, une de mes élèves m’a confié qu’à la rentrée, elle reprenait un travail salarié. Comme je l’ai formée depuis qu’elle est toute débutante, je sais à quel point elle a mis toute son énergie dans son projet d’entreprise…  Sa décision m’a touchée, parce que je sais qu’elle n’a pas été facile à prendre.

Et je me suis dit : combien d’entre vous se posent la même question ?
Est-ce un échec quand on reprend un travail à côté de son projet de céramique ?
Est-ce que ça veut dire qu’on a échoué, ou au contraire, est-ce que ça peut être une façon différente d’avancer ?

L’histoire de mon élève

Cette élève est trentenaire. Avant de se lancer dans la céramique, elle avait un métier très bien payé qui l’a menée au burn-out. Alors, elle a décidé de changer de métier en se tournant vers l’artisanat, dont la céramique.

Elle s’était donné un an et demi pour réussir à en vivre. Au bout d’un an, elle avait déjà trouvé son identité artistique, elle faisait ses premières ventes, et son projet prenait forme. Mais la pression financière était trop forte : un crédit à rembourser, des dépenses fixes, et ce stress permanent de ne pas savoir si le mois suivant allait suffire.

Alors elle a pris la décision de reprendre un travail salarié. 

Mais pour elle, ce n’est pas un abandon
Elle m’a dit : « Pour moi, c’est mon second job. Ma priorité reste la céramique. Je reprends un travail parce que ça va me donner la stabilité financière dont j’ai besoin pour continuer à construire mon atelier, et pour avancer sans cette boule au ventre. »

Grâce à ce choix, elle pourra mettre de l’argent de côté, dormir la nuit sans se réveiller avec des angoisses, et surtout, créer sans avoir la peur financière en arrière-plan.

Mon ressenti personnel

Quand elle m’a annoncé ça, j’ai eu un pincement au cœur. J’ai eu peur, d’abord. Peur qu’elle abandonne son projet. Peur que tout ce qu’elle avait construit jusque-là soit laissé de côté.

Mais quand elle m’a expliqué que non, justement, c’était pour donner plus de chances à son projet qu’elle reprenait un job, je me suis sentie soulagée. Et même fière.

Parce qu’à ce moment-là, j’ai compris que ce que je transmets à mes élèves va au-delà de la technique.
J’ai senti qu’elle avait changé sa vision de la réussite, qu’elle avait trouvé ses vraies priorités : construire une vie à son image, en accord avec ses valeurs.

Et je peux te dire que, pour moi, voir ça, c’est une immense fierté.

L’écho à mes propres doutes

Je vais être honnête avec vous : moi aussi, j’ai eu des moments où je me suis dit que j’allais devoir reprendre un job. En 2020 et 2021, j’ai connu des mois à zéro. Quand mes allocations chômages se sont arrêtées, mon conjoint et moi étions tous les deux indépendants, sans revenu fixe.

J’avais en permanence cette peur viscérale de l’argent, qui fait te remettre en question toutes tes décisions. Étant passée par un burn-out, j’avais également des angoisses à l’idée de reprendre un job salarié. Je me suis dit plusieurs fois que j’allais aller travailler dans le supermarché d’à côté, parce qu’au moins ça paierait les factures. 

Mais je voyais ça comme un énorme échec. 

À l’époque, personne ne m’a dit que « c’était ok ».
Personne ne m’a rassurée en me disant que ce n’était pas un échec.
Alors j’ai serré les dents. J’ai mal dormi, j’ai eu des crises d’angoisses, des engueulades avec mon conjoint, beaucoup de larmes.

J’ai tenu. Je me suis réinventée plusieurs fois. Et j’ai fini par comprendre quelque chose après quelques années de galère : c’est au moment où j’ai lâché la peur financière que mes ventes ont décollé, aussi bien pour mes pièces que pour mes formations.

Aujourd’hui, je vis bien et à 100% de mon activité, mais ce n’est pas un parcours linéaire. Et si j’avais eu quelqu’un pour me dire, à l’époque, que c’était ok de prendre un job en parallèle… peut-être que j’aurais souffert un peu moins.

Reprendre un travail n’est pas un échec

Je veux vraiment insister là-dessus : reprendre un travail à côté de votre projet de céramique n’est pas un échec.

C’est au contraire une preuve de lucidité et de courage.
C’est accepter que, parfois, un projet a besoin d’une béquille de sécurité pour pouvoir grandir.

Un job, c’est un outil.
Un outil pour financer votre atelier, pour vous libérer de la peur financière, pour pouvoir créer sans compromis.

Vous avez peur de vous lancer à cause de l’argent ?

Il y a une chose qui revient quasiment tout le temps : si vous voulez vous lancer dans la céramique en quittant votre job actuel alors que vous avez un niveau de vie confortable, vous avez besoin de l’une de ces deux choses : 

  • Avoir un « apport » financier extérieur (conjoint·e qui peut tenir le coup le temps que ça décolle, argent de côté, source secondaire de revenu…) 
  • Être prêt·e à revoir son niveau de vie / de confort à la baisse 

Je ne dis pas que vous n’arriverez pas à faire de votre entreprise un succès, mais cela prend du temps et énormément d’énergie. Chaque parcours est différent ! 

Maintenant, si vous ne cochez aucune de ces deux cas, il faudra vous faire à l’idée que reprendre un job sera peut-être nécessaire. Et si vous êtes amené·e à prendre cette décision, voici quelques conseils pour faire votre choix : 

  • Écoutez vos besoins réels : si la pression financière vous empêche de dormir, reprenez un travail temporaire ou à temps partiel. Ce n’est pas renoncer, c’est prendre soin de vous.
  • Choisissez un job qui ne vous vide pas : l’idéal est de trouver une activité qui vous laisse encore de l’énergie et du temps pour créer. Peut-être un job sans responsabilité, ou alors avec un mi-temps ?
  • Voyez-le comme un levier : ce job n’est pas la fin de votre projet, mais son financement. Il peut être l’amorçage qui vous permet d’aller plus loin.

Conclusion

Reprendre un job ne veut pas dire tourner le dos à votre projet.
Au contraire, c’est parfois la décision la plus sage, la plus stratégique, et la plus respectueuse de votre santé mentale.

Je l’ai vu avec mon élève, je l’ai vécu dans mes propres doutes, et je veux vous le dire clairement : ce n’est pas une fatalité mais un chemin. Si vous avez la passion de la céramique, elle trouvera sa place dans votre vie.

Et vous, dites-nous en commentaire : est-ce que vous avez déjà pensé à reprendre un job en parallèle de votre projet créatif ? Comment vivez-vous cette question ?

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Qui suis-je ?

Céramiste depuis 2020, j'ai créé ce blog pour vous partager mes connaissances.
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