Les ollas, appelées aussi jarres d’irrigation, sont utilisées depuis des siècles. Enterrées dans le sol, elles diffusent l’eau directement aux racines des plantes, de manière régulière et sans gaspillage. Dans cet article, je vous explique leur origine, leur fonctionnement, comment les utiliser et surtout comment les fabriquer vous-même dans votre atelier !
Qu’est-ce qu’une olla ?
Une olla est un récipient en terre cuite non émaillée, généralement en forme de jarre ventrue avec un col étroit.
On enterre l’olla près des plantes, en laissant dépasser le col pour pouvoir la remplir d’eau. Grâce à la porosité de la terre cuite, l’eau s’infiltre doucement dans la terre, exactement au rythme où les racines en ont besoin.
Il existe également des versions modernes avec un « pic » et un réservoir d’eau hors du sol à planter dans les jardinières.
Ce système est très ancien, on retrouve les première trace il y a plus de 2000 ans !
Pourtant, ce système est assez peu utilisé dans nos jardins contemporains. Le boom de la permaculture a remis cette technique ancestrale au goût du jour, et c’est une bonne chose quand nous voyons les enjeux actuels sur l’eau…
Personnellement, j’en fabrique chaque année avec ma terre en « fin de vie », de nombreuses fois recyclée suite aux cours.
Pourquoi utiliser une olla ?
Si vous n’avez pas de jardin ni aucune plante chez vous, vous n’en aurez pas besoin 😉
Mais si vous avez ne serait-ce qu’un pot de fleurs ou un bout de potager, voilà en quoi les ollas peuvent vous être utiles :
- Économiser l’eau : quand vous arrosez « par le haut », une grosse partie de l’eau ruisselle ou s’évapore. On estime que les ollas permettent jusqu’à 70 % d’économie d’eau par rapport à un arrosage classique.
- Moins d’entretien : vous remplissez la jarre, et vos plantes sont autonomes pour plusieurs jours, parfois une semaine entière selon la taille de l’olla et la météo.
- Des plantes plus en forme : elles bénéficient d’un apport d’eau constant et adapté, sans excès ni stress hydrique. Les racines se forment plus profondémment, et vous évitez de mettre de l’eau sur les feuilles.
- Une solution polyvalente : les ollas conviennent aussi bien au potager qu’aux massifs de fleurs, aux arbustes et même aux plantes en pot.
Comment la choisir ?
La capacité est l’élément clé. Une olla de 3 à 5 litres peut arroser environ 1 m² de surface cultivée. Pour des pots ou des jardinières, on privilégie des petites ollas de 0,5 à 1 litre.
L’installation est simple : on enterre la jarre jusqu’au col, à proximité immédiate des plantes. Plus les racines pourront se développer près de la zone humide, plus l’olla sera efficace.
Mon petit conseil : quand vous plantez une plante très gourmande en eau, comme une courgette, mettez l’olla directement dans le trou de plantation !
Entretien et durée de vie
J’ai fait des ollas il y a 5 ans, et seule l’une d’elle s’est cassée, car je l’ai oubliée un hiver alors qu’il a gelé… Une olla bien entretenue peut durer plusieurs années ! Les principales causes d’usure sont les chocs, le gel et les dépôts calcaires.
Pour l’entretien, un simple brossage suffit. Si du calcaire s’accumule, laissez tremper l’olla dans de l’eau additionnée de vinaigre, puis rincez abondamment.
En hiver, si vous vivez dans une région où le sol gèle, il vaut mieux les retirer et les vider. Dans un climat doux, vous pouvez les laisser en place toute l’année, avec un bon paillage tout de même.
Fabriquer ses propres ollas
Passons à la partie qui vous intéresse 😉 Il est tout à fait possible de fabriquer vos ollas vous-même. Toutefois il va y avoir des petites choses à prendre en compte.
Quelle terre et quelle température de cuisson choisir ?
C’est la question qui revient le plus souvent. Faut-il utiliser du grès, de la faïence ? Et avec quelle courbe de température ?
En réalité, la vraie question est plutôt : comment obtenir la bonne porosité pour que l’eau s’infiltre au bon rythme ?
À partir de là, vous pouvez travailler avec n’importe quelle terre, à condition de rester dans une cuisson qui ne ferme pas complètement la terre. Le grès, par exemple, ne doit être cuit qu’en dégourdi.
👉 La règle, c’est de faire des tests et d’observer : une olla trop fermée garde l’eau sans la diffuser, et vos plantes risquent d’avoir soif. À l’inverse, il est assez rare d’avoir une terre trop poreuse.
Comment augmenter la porosité de vos ollas ?
- Évitez à tout prix le polissage, qui ferme les pores
- Faites une légère sous-cuisson (par exemple, 20 °C en dessous de la cuisson conseillée pour la faïence, ou pour le dégourdi de grès)
- Ajoutez de la matière organique (marc de café, farine, papier…) : elle brûlera à la cuisson et laissera des micro-vides qui aideront l’eau à passer
⚠️ Si vous ajoutez des matières organiques, prévoyez une montée en température plus lente, afin que les gaz de combustion s’échappent sans fissurer la pièce.
Oui mais flemme, je veux une référence de terre et une courbe de cuisson…
Héhé oui je vous vois venir, les tests, parfois je sais que vous n’avez pas envie d’en faire. Pourtant, c’est LA BASE de la poterie !
Allez je suis sympa je vous donne encore plus d’indications (mais ça ne vous dispense pas de faire des tests !!)
La faïence rouge chamottée est souvent recommandée :
- plus abordable que le grès
- facile à tourner
- facile à décorer si vous souhaitez une version esthétique
Vous pouvez aussi l’émailler partiellement (col et couvercle, ou partie hors-sol pour les versions à planter) pour jouer sur l’aspect décoratif. La règle à retenir : la partie enterrée doit toujours rester brute pour garder la porosité.
J’ai entendu parler de la PF/CHF qui serait particulièrement adaptée.
Peut-on vendre ses ollas ?
Maintenant parlons un peu aspect financier. Il est possible de vendre ses ollas, mais il faut être lucide sur le marché. Les ollas produites en masse (même artisanalement) sont vendues à des prix bas.
Allez dans n’importe quelle jardinerie, vous verrez que les ollas ont souvent des finitions très moyennes, et sont vendues assez peu chères. Quand elles sont fabriquées en France, le prix augmente un peu, mais difficile de rivaliser avec des producteurs situés au Portugal par exemple.
Pour réussir à vendre vos pièces à un tarif juste, il faudra trouver un angle unique et personnel : un design particulier, une approche très locale, etc.
Olla ou Oya : quelle orthographe employer ?
Historiquement, on écrit olla (prononcé “oya”), qui signifie « pot » ou « marmite » en espagnol.
La version Oya, avec un Y, est une adaptation moderne et déposée par une marque. Même si cette marque est quasiment entrée dans le langage courant (comme frigidaire ou les réfrigérateurs), pour éviter tout risque juridique, mieux vaut employer olla ou « jarre d’irrigation ».
J’espère que cet article vous a plu ! Je vous laisse avec quelques vidéos publiées sur mon Instagram, où je vous montre comment tourner les deux principales formes d’olla !



