Pixel de suivi dans les newsletters, exemple avec Brevo

Juil 23, 2026 | Marketing | 0 commentaires

La réglementation ne prend jamais de vacances… voici ce que la nouvelle réglementation CNIL change pour les céramistes et leurs newsletters.

Source officielle : Délibération CNIL n° 2026-042 du 12 mars 2026, publiée le 14 avril 2026 — Article 82 de la loi Informatique et Libertés.

Si vous envoyez une newsletter, vous utilisez très probablement un pixel de suivi sans le savoir. Depuis le 14 avril 2026, la CNIL a publié ses recommandations sur cette pratique et encadre désormais son usage comme elle le fait pour les cookies.

Voici ce que cela change concrètement pour vous, avec un exemple pas à pas sur Brevo.

Qu’est-ce qu’un pixel de suivi ?

Un pixel de suivi est une image invisible, de la taille d’un pixel, intégrée dans le corps de votre newsletter. Vous ne la voyez pas et vos abonnés non plus.

Mais dès qu’un abonné ouvre votre email, son client de messagerie charge automatiquement cette image depuis un serveur distant. Ce chargement transmet des informations à votre outil d’emailing : l’email a été ouvert, à quelle date, depuis quel type d’appareil, et parfois depuis quelle zone géographique.

C’est ce mécanisme qui génère votre taux d’ouverture dans Brevo, Mailchimp, Mailerlite et tous les outils d’emailing. Il est activé par défaut dans la quasi-totalité de ces plateformes.

Ce qui a changé depuis le 14 avril 2026

La CNIL a publié le 14 avril 2026 sa recommandation officielle sur les pixels de suivi dans les courriers électroniques (Délibération n° 2026-042 du 12 mars 2026, à retrouver en intégralité ici).

Elle y précise que le pixel de suivi est désormais traité comme un cookie, soumis à l’article 82 de la loi Informatique et Libertés. La règle de principe est le consentement préalable du destinataire, sauf exemptions.

Ce que cela signifie concrètement : mesurer les ouvertures de vos newsletters pour analyser vos campagnes, personnaliser vos contenus ou adapter la fréquence de vos envois nécessite en principe le consentement explicite de vos abonnés.

Un point important à retenir : vous êtes responsable de traitement, pas votre plateforme de newsletter. Même si c’est votre plateforme qui pose le pixel, c’est vous qui avez décidé d’envoyer la newsletter et d’utiliser cet outil. La responsabilité est la vôtre. 

Êtes-vous concerné·e ? Identifiez votre usage du pixel

Avant toute chose, posez-vous la question de l’usage réel que vous faites des statistiques d’ouverture.

La CNIL distingue deux catégories d’usage, avec des règles très différentes.

Les usages qui nécessitent le consentement de vos abonnés

Selon la recommandation, vous devez recueillir le consentement préalable si vous utilisez le pixel pour :

  • Analyser vos taux d’ouverture pour optimiser vos campagnes : personnaliser le contenu de vos emails en fonction de qui ouvre quoi, adapter la fréquence de vos envois selon l’engagement de chaque abonné, choisir le meilleur moment d’envoi…
  • Créer des profils de destinataires : utiliser les données d’ouverture pour cibler vos abonnés sur d’autres canaux (publicité, réseaux sociaux).
  • Détecter des fraudes : identifier des ouvertures inhabituelles ou automatisées.

Si vous vous reconnaissez dans ces usages, vous devez recueillir le consentement de vos abonnés. Nous verrons comment faire sur Brevo.

Les usages exemptés de consentement

Vous n’avez pas besoin de consentement si vous utilisez le pixel uniquement pour :

  • Nettoyer votre liste des inactifss : identifier les abonnés qui n’ouvrent plus vos emails depuis plusieurs mois pour les supprimer de votre liste. C’est l’usage le plus courant (mais attention, il y a un MAIS qu’on voit juste en dessous)
  • Mesurer la délivrabilité : s’assurer que vos emails arrivent bien en boîte de réception.
  • Les emails transactionnels : confirmations de commande, expédition de colis, réinitialisation de mot de passe…

Condition importante pour rester dans l’exemption : La CNIL recommande à titre de bonne pratique de ne conserver que la date de dernière ouverture, sans l’heure, et de ne pas croiser ces données avec d’autres finalités comme la personnalisation de contenu ou le ciblage publicitaire.

Ce qui signifie que logiquement, si le seul usage que vous faites du suivi est le nettoyage de votre base de données, vous n’avez pas besoin d’obtenir le consentement de vos abonnés. 

Toutefois, si un jour, vous utilisez une seule information de suivi pour un autre besoin, vous serez dans l’illégalité. De plus, difficile à mon sens de prouver qu’aucun usage du suivi n’a été fait. Je vous conseille donc dans tous les cas de suivre la procédure avec votre plateforme pour obtenir le consentement.

Exemple de configuration avec Brevo

Étape 1 : Ajouter une case de consentement à votre formulaire d’inscription

La CNIL recommande de recueillir le consentement au moment où l’abonné fournit son adresse email, c’est-à-dire dans votre formulaire d’inscription.

La case doit être décochée par défaut (pas de consentement présumé) et formulée clairement. Ça ne va pas changer grand chose par rapport au consentement d’abonnement à la newsletter.

Exemple avec mon encart de newsletter :

Étape 2 : Permettre le retrait du consentement dans chaque email

La CNIL impose que le retrait du consentement soit aussi simple que son accord. Elle recommande un lien dans le pied de page de chaque email permettant à l’abonné de gérer ses préférences de suivi. C’est exactement pareil que le lien pour se désabonner de la newsletter.

Sur Brevo, cette fonctionnalité existe nativement. Voici comment l’ajouter à vos newsletters.

Dans l’éditeur de votre campagne, cliquez sur Insérer/éditer un lien et choisissez dans le menu déroulant le type « Révoquer le consentement au suivi des pixels ».

Ce lien, une fois cliqué par l’abonné, désactive automatiquement le pixel pour ce contact dans Brevo.

Étape 3 : Configurer le consentement par contact dans Brevo

C’est l’étape clé côté technique. Brevo propose une option native pour n’activer le pixel que pour les contacts ayant donné leur consentement. 

Pour y accéder, cliquez sur votre nom d’organisation en haut à droite de Brevo > Paramètres.

Dans les paramètres, allez dans Campagnes > Paramètres par défaut > Suivi et rapports.

Vous trouvez trois options dans la section Suivi :

  • Suivi anonyme des emails : les ouvertures sont comptabilisées mais ne sont plus associées à des contacts spécifiques. Si vous activez cette option, vous voyez vos stats globales mais ne pouvez plus identifier qui a ouvert quoi. Impossible alors de supprimer les contacts inactifs.
  • Consentement au suivi par pixel par contact : c’est l’option à activer si vous souhaitez gérer le consentement individuellement. En choisissant Oui, Brevo n’activera le pixel que pour les contacts pour lesquels un consentement a été enregistré.
  • Suivre les contacts dont le consentement est inconnu : si vous choisissez Oui, Brevo continue à suivre les contacts pour lesquels aucun consentement n’a été recueilli (vos abonnés actuels). Si vous choisissez Non, seuls les contacts ayant explicitement consenti sont suivis

Étape 4 : Informer vos abonnés actuels

Pour les adresses email collectées avant le 14 avril 2026, la CNIL avait accordé une période transitoire de trois mois pour informer vos abonnés, soit jusqu’au 14 juillet 2026. Cette période est désormais dépassée.

Si vous n’avez pas encore informé vos abonnés, faites-le sans attendre !

Vous pouvez écrire un message très simple mais qui doit être clair et explicite. Par exemple :

« Vous recevez cette newsletter et nous vous en remercions. Pour améliorer nos contenus, nous mesurons les ouvertures de nos emails grâce à un pixel de suivi. Si vous préférez ne pas être suivi·e, vous pouvez le désactiver à tout moment en cliquant sur [ce lien].

Mettre à jour votre politique de confidentialité

Que vous soyez dans l’exemption ou non, la CNIL recommande de mentionner l’existence du pixel dans votre politique de confidentialité.

Voici un exemple de paragraphe à ajouter :

Pixels de suivi dans nos newsletters

Nos newsletters intègrent un pixel de suivi (image invisible d’un pixel) qui nous permet de mesurer les taux d’ouverture afin de gérer notre liste de diffusion et d’améliorer nos contenus. Conformément à la recommandation CNIL du 14 avril 2026 (Délibération n° 2026-042), nous utilisons ces données [uniquement pour identifier les inactifs et nettoyer notre liste / pour analyser et améliorer nos campagnes, sous réserve de votre consentement]. Vous pouvez retirer votre consentement à tout moment via le lien présent en bas de chaque email.

Adaptez la formulation entre crochets selon votre usage réel !

Les risques en cas de non-conformité

La CNIL a annoncé des contrôles à compter du 14 juillet 2026. Les sanctions peuvent aller jusqu’à 4% du chiffre d’affaires annuel mondial ou 20 millions d’euros. Pour une auto-entreprise, les montants sont bien inférieurs, mais l’exposition existe.

 

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique. En cas de doute sur votre situation spécifique, consultez un professionnel du droit.

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